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Tri sélectif et développement durable : quand l’innovation permet de changer les modèles traditionnels

developpement_durable Le concept du développement durable est aujourd’hui largement partagé, il s’agit d’un positionnement viable, vivable et équitable, à la confluence des 3 dimensions écologique, économique et sociale.

On voit se multiplier en entreprise les initiatives visant à pratiquer le tri sélectif et à le faire pratiquer par leurs clients lorsqu’il s’agit d’entreprises B2C. Mais très souvent, ces initiatives ne sont pas pérennes (“viables”), car elles coûtent de l’argent. En effet, les filières de tri sont coûteuses. Le risque est donc que ces initiatives, louables en soi, soient abandonnées dés que les temps deviennent difficiles. Il est probable que la crise actuelle mette en évidence ce problème de pérennité des solutions actuelles de tri sélectif dans de nombreuses entreprises.

Comment, dans ces conditions, faire du tri sélectif viable, voire durable ?

ExploLab accompagne actuellement le TGV Lab de la SNCF sur une expérimentation sur le thème du tri sélectif en gares.

La question posée est de savoir s’il est possible d’inciter les voyageurs et personnes transitant dans les gares à pratiquer le tri sélectif… sans que cela coûte de l’argent.

ckfd-logo La solution mise en oeuvre passe par le déploiement d’écopacteurs produits par la startup CKFD. Ces écopacteurs sont des dispositifs ne nécessitant pas d’énergie, donc sans contraintes de déploiement, permettant aux personnes de compacter des cannettes en aluminium.

Chaque année, 3,5 milliard de cannettes sont consommées en France, ce qui donne une mesure de l’enjeu ! D’autant plus que l’aluminium se recycle particulièrement bien (extrait de l’article Wikipedia sur l’aluminium) :

ecopacteur•  L’aluminium a une excellente recyclabilité. Pour recycler l’aluminium, on le fait simplement fondre. En plus des bénéfices environnementaux, le recyclage de l’aluminium est beaucoup moins coûteux que l’extraction à partir du minerai de bauxite.

•  Il nécessite 95 % d’énergie en moins et une tonne d’aluminium recyclé permet d’économiser quatre tonnes de bauxite. En sautant l’étape de l’électrolyse, qui réclame beaucoup d’énergie, on évite les rejets polluants qui lui sont associés. L’aluminium est quasi recyclable à l’infini sans perdre ses qualités, à condition de ne pas fondre dans un même bain des alliages de composition différente.

•  Le recyclage de l’aluminium est pratiqué depuis les années 1900 et ne cesse de progresser : dans la consommation d’aluminium en Europe, la part d’origine recyclage est passée de 50 % en 1980 à plus de 70 % en 2000.

•  Il existe différentes filières industrielles de récupération de l’aluminium. En France, l’aluminium ménager est récupéré avec les emballages dans le cadre du tri sélectif. Dans les centres de tri, l’aluminium est trié manuellement ou plus couramment grâce à des machines de tri par courants de Foucault. Il est ensuite broyé avant d’être refondu par des affineurs d’aluminium pour redonner du métal utilisable, appelé aluminium de seconde fusion.

•  L’aluminium de seconde fusion est utilisé essentiellement pour la fabrication de pièces de fonderie pour l’automobile (blocs moteur, culasses, pistons, etc.)

Malgré cela, implémenter et opérer un système de collecte de cannettes reste coûteux et non “viable”.

L’astuce utilisée par CKFD consiste à utiliser la grande surface disponible pour la valoriser en en faisant un support de publicité. A partir de là, le système pourrait devenir viable, c’est-à-dire à la fois écologique et rentable. L’enjeu de l’expérimentation, qui donnera ses résultats fin 2009, est de mesurer de manière objective les dimensions écologiques et économiques de cette approche : quel usage par les clients ? quelle contribution écologique ? quel bilan économique ?

Mais ce projet ne se réduit pas aux seuls axes écologiques et économiques. La dimension sociétale est en effet également présente, puisque ce système créée des emplois dédiés à la collecte des canettes, à l’entretien des écopacteurs et à l’affichage des publicités. Il est d’ailleurs possible d’augmenter la dimension sociétale en recrutant une partie des personnels mobilisés parmi des populations “fragilisées” ou en voie de réinsertion, qui rencontrent des difficultés à trouver du travail.

En conclusion, en cas de déploiement des écopacteurs CKFD à plus grande échelle à la SNCF, le tri sélectif pratiqué sur les cannettes serait à la fois écologique, économique et social, et donc durable.

Une autre innovation de cette expérimentation est qu’elle est le résultat du premier appel à projets du TGV Lab, qui permet d’incuber, sur le marché de la SNCF, des solutions innovantes portées par des startups et des PME. A ce titre, l’approche de la SNCF est exemplaire (et socialement responsable), puisqu’il s’agit d’une démarche positive de la part d’une grande entreprise pour rendre possible le lancement de projets avec des entreprises de petite taille (CKFD ne compte que 2 salariés). C’est une approche qui n’est pas naturelle quand on est une entreprise de plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs, habituée à travailler avec d’autres grands comptes, mais qui contribue à faire émerger en France des PME innovantes et créatrices de valeur, et qui peut donner des idées à d’autres grandes entreprises.

Témoignage de Michel MARTI, responsable propreté et environnement à SNCF Gares et Connexions (pour l’ensemble des grandes gares de la SNCF) et responsable du projet côté SNCF : « Je tiens à féliciter ExploLab pour avoir amené à la SNCF un modèle qui permet à « David » de travailler avec « Goliath » ! Le projet d’appel à projets puis de déploiement des écopacteurs s’est déroulé dans d’excellentes conditions de collaboration, de réactivité et de partenariat entre les 3 parties ExploLab, CKFD et SNCF. Je me réjouis que ce projet démontre que le monopole des grandes idées n’existe pas, et qu’il permette aux TPE et PME, témoignant d’un fort potentiel d’innovation, d’être accompagnées et aidées, dans leur développement,  par de grandes entreprises.  »

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Convaincu de la richesse de l’approche appel à projets, qui permet à des grands comptes de s’appuyer sur le dynamisme et la créativité de startups et de PME et qui permet à des PME innovantes de tester leurs idées sur le marché, ExploLab propose aux grandes entreprises d’innover avec des PME au travers du programme d’appels à projets Lab PME.


2 réponses à “Tri sélectif et développement durable : quand l’innovation permet de changer les modèles traditionnels”

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